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Où va donc le sang ainsi
par longs écoulements
à grands flots
sur les pentes
de l’être
et des siècles
est-ce
vers ces vastes prairies rousses
hantées par la soif irréductible
et les bêtes féroces
vers ces lieux de l’ancêtre
précédé des singes
aux yeux malicieux
ouvreurs des premières pistes
aurait-il
dans la cohue des meurtres
de chute en chute
découvrant la litanie des défaites
oublié les tropismes essentiels
du ciel et de la terre
de l’eau et du feu
rejeté les signes mystérieux
gravés dans la pierre
ou peints à la pourpre
qui de tout temps menèrent
à de somptueuses épiphanies
où va le sang
qui le guide encore
et si besoin le harcèle
sinon les rares chiens de bergers
tisseurs de morve
accablés de mille et une syphilis
je tends l’oreille en vain
on n’entend plus les chants
où sont-ils demeurés
est-il poète fou sur sa balancelle
à chanter encore son poème
où sont tambours et fifres
cris de femmes rires d’enfants
claquements de mains
battements sourds des pieds
qui va donner rythme et tempo
pour allumer les transes
museler les fièvres
enseigner par où et comment
arriver au gîte
quand on a faim peur et froid
on a jeté du bois vert
sur le feu qui agonise
dans l’obscurité du refuge
on tousse une mauvaise toux
qui n’augure rien de bon
le sang a pris froid
on a jeté le pain

C.E.A

Tag(s) : #Poêmes
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