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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 12:57

J’ai vu le gueux manger la terre
quand la graine tombait du ciel
jetée là
par de monstrueux avions
venus d’occident

la graine jetée aux chiens noirs
était blanche et blême l’enfant
piétiné

j’ai entendu sous un soleil atroce
le corps des pauvres claquer
au vent et claquer des dents
au gré des blancs claquer
comme un étendard famélique
percé de trous

j’ai vu trop souvent
ce geste terrible des doigts joints
portés aux lèvres
pour signifier la faim

mais jamais je n’ai vu non
au grand jamais ni entendu
ventre repu claquer au vent
ni rentière brûler ses coupons

sur le front d’occident je n’ai connu
que chansons à boire rires graveleux
et cliquetis de fourchettes s’étrillant

j’ai rencontré l’homme blanc
au pied des caféiers et bananiers
des gisements filons et mines
il pissait son vin à grands flots
en remerciant son dieu
dans des nuages de poussière dorée

j’ en témoigne
et ma chanson aussi
on se la répétait
à la chicotte ou à la crosse
au gourdin et aux poings

je me la répétait
et mon corps hurlait
lorsque les coups pleuvaient
l’homme blanc frappait

murmurée sans fin
ma chanson a voyagé
elle m'accompagne dans ma quête
quand pas à pas
je vais vers les franges lumineuses
de mes espaces lointains

ma petite chanson vous dit que pourtant
il y a sur terre autant de joie que de larmes
des chants des rires de la danse et de l'amour
une certitude d’amour
comme jamais homme n’en pourra imaginer
et qu'il ne faut pas désespérer

c'est vers les confins que la vie déborde

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 12:41

Autour du sel où tout converge
Fourmi dans l'infra comme l'ultra
Violet en violence
Pavot si flanqué de bleuets
Je suis l'homme nu imbécile zonard
Des banlieues rouges de geiger
Cillant oscillant
Angstroem sur échelle d'angoisse
Plus obstiné vers le sel
Qu'aiguilles de carthage
Perdues dans le commerce des boussoles
Et comptoirs d'afrique
Le nilotique au fer de lance pointé
Venu d'où cliquetaient les sémaphores
Des aiguillages du froid
Scellé hors notaire comme ciel de plomb
Pour le testament attesté du vide
Où tout enfin s'entend
Qui se fond brasse et remoule
Sans plainte plan ni demande
Barbare à barbe de lichen et sanie de jours
Dans la saumure des mains
Sans râge âge ni plaisir en cécité des murs
Dément sourd en la ville
Torve jusqu'à l'os des premiers trépans
Et la douleur des opérés
Like a wire in my skin oder nichts
Aber immer arriba ja

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 12:07

Un puits
Ma pensée au fond
Et c'est beaucoup dire
Un trépan dedans
Et c'est peu
Dire

Au bord du puits
Aux lèvres de
L'ulcère
En poussière d'os
En copeaux de chairs
En escarres de peau
En
Rupture
De
Nerfs

Moi

Et du fond du puits
à en noyer la raison
Ce regard naufragé
Sur l'inaccessible
Qui
Me vrille
Et toujours
Ce raclement
A fleur d'os
A fleur de peau
Et toujours
Cette poigne
Qui tourne
Et vrille
Et tourne
Et vrille

Et toi
Dans moi
Pour bercer tout cela

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 14:45

En attendant de le retrouver bientôt sur DANGER POÉSIE, le site du poète André CHENET, voici une suite du  poème (remanié mille fois) de Christian E Andersen  intitulé "Foutu tango" :

Sans crier gare
le faible
a bousculé le fort

le puissant vacille

ainsi s'amorce
la syncope

Telle est elle
tel le tango

pareil à la vie
chavirée à la fracture
du coude

les cris
sont de douleur
ils glacent
la hache s'est abattue
brutale

sauve qui peut

certitudes convictions
hachées menu
place à l'angoisse
place au tango

viennent les étourneaux

toujours pareil
ils giclent d'entre deux nuées
infligeant au ciel béat
l'outrage biscornu
de leurs géométries aériennes

ils plaquent aux nuages
leurs rébus
leurs mythes
vingt mille lieux dans les airs

bousculent
glissent sur l'aile
et s'écrasent dans les blés

ils lèguent à la terre endolorie
un grand trou rouge
plein d'ailes brisées de plumes
de souffrance

telle est la vie
et ses fientes
infirmant ou confirmant
reitérant récidivant
pour ô paradoxe
décoller par temps de brouillard
et s'écraser mieux
par temps clair

sacré tango
foutu tango

.../...

Christian Erwin Andersen (Inédit)

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:16

De l’ancêtre
nous avons gardé
un front bas
et l’ intelligence
fondue au paysage


insensibles aux sarcasmes
nous habitons toi et moi
des formes différentes
tu vis drapée dans le suroît
moi sapé en guerrier


tous deux nous hantons
les hauts plateaux
où la charogne
fait prospérer le vautour


étoiles et comètes
se gaussent de nous


soudain terrible secousse
la terre se met à tourner
avec telles force
et conviction
que pas un seul corps
flottant ou divagant
ne lui échappe


ainsi captés
ils ne font
bientôt plus qu’un
il règne indivisible

 

adieu formes geôlières
très vite ne sommes plus
que passage
mouvement


à elle seule notre présence
peuple le futur tout entier


aujourd’hui
dans la confusion infinie
des personnages
temps lieux modes


il nous importe peu de savoir
si pour aimer nous regarderons
devant ou derrière


ce matin
nous nous sommes retrouvés
au coin de la mémoire
sur un banc de bois
il fait bon
y prendre le soleil


nous le goutons
avec gourmandise
ce n’est pas
un quelconque Phébus
il est le nôtre
il est notre constance

 

CEA

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 06:08

Hirsute et belliqueuse
c’est elle
la bête obscène de la nuit
qui met en pièces
les caresses des amants
et pousse devant elle
accrochés à ses babines
des festons d’écume rouge
son poil garde les effluves
de nos rêves déchiquetés
ils ont la pestilence de la charogne
chaque soir elle quitte sa tanière
et parcourt les quais
des chenaux glacés
qui quadrillent la ville
comme la grille
d’ un judas
elle cherche l’issue
mais ne la trouve pas
Entre Viznar y Alfacar
Où ils ont assassiné F. G.Lorca

 

CEA

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 12:23

Tu remues les lèvres
je crois entendre un chant


toute criblée d'ions
tu t’es mise à vibrer
j'esquisse un premier pas
et c'est un pas de danse


ça tangue bascule et roule
glisse par pans entiers
de jour en nuit


tu traverses midi
qui croule
sous les grillons


quel est ce vertige
qui de haut me saisit
à contrejour
à contresens


tant de beauté
c'est une immolation!


que veut donc
cet enfant qui gueule
tapi en moi
qui braille
quand la mort obtuse
déjà fait feu
des deux fuseaux

 

CEA

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 12:05

C’est ici
en ce carrefour mal éclairé
entre urètre et prostate
que se débat la vraie question
de l’être et du néant
ici aura lieu la prise de corps
nos âmes sont lumineuses
et si elles avaient visage
il serait impavide et apaisé
arrivées en ces lieux
portées par des vents glacés
elles tremblent cependant
elles sont décharnées
et manquent
de substance
soleils de rencontre
elles semblent
extraites d’une glacière

 

CEA

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:22

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 11:54

A
comme
angoisse
à l'amorce de la syncope
 
c’est toujours comme ça
 
serait  ce
détail infime
l’annonce de la chute
qui fait s’envoler les étourneaux
ou
incongrue  l’intrusion
du bongo aux grosses lèvres
qui précipite à grands battements
de paumes
des peuples de lemmings
à bas de  mes falaises

loin des tropiques ici
loin du cercle
cependant les ailes brisées
réitèrent ou récidivent
commandent ou infirment
le dernier envol
 
on décolle par  brouillard
pour se crasher par temps clair
 

frères hommes troublants
ah mes frères si touchants
basse crapule qui musardez en moi
les oiseaux volent tête en bas
moi aussi
 
c’est une  perplexité d'avant chute
qui déjà sait
d’avant débâcle
comme celle des bateliers sur la Volga
qui regardent passer sur le fleuve
les premiers paquets de glace
que rien ne retiendra
pas même la courbure de l’horizon
parce qu’il n’est rien à retenir
tout à aimer
et
rien pour se retenir
avant  l'affalement débridé qui va nous emporter
 
point besoin de sang pour mourir
une plaie suffit
certes on mourra mais de quel pied
là est la question

on interroge le ciel

les augures se sont enfuies
l'impitoyable leitmotiv les  effrayait
 
car sera  ce à gauche
que s'initiera la chute
sur le toboggan  des déjections terminales
ou à droite
dans de mêmes puanteurs

tango foutu tango
entre ma tempe de glace et qui brûle pourtant
et mes joues  qui s’embrasent non loin de là
tango fait qu’entre les quatre zyeux des belles
gicle gardel sur Guernica  rasée sur les pubis rasés
de ses mortes
 
à mon cou sanglant colis ficelé de barbelé
je porte terrible amulette un steak argentin
sauce carlos

C.E.A

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