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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:38

  

 

LES NABOTS

 

Introduction à :

 

 

 

 la défenestration des anges

 

« BRIS DE VERRE »

 

 

 

Par l’auteur

 

c. e.  andersen

   

 

 

Ce livre est l’aboutissement de sept heureuses années d’un terrible travail, pour ne pas dire d’un horrible labeur. 

 

S’obstiner à cerner, à cadrer, à décrire un personnage aussi mouvant, aussi flou que l’homme, sous tous ses fards est une gageure. Prendre ses mensurations, évaluer ses capacités de nuisance autant  que celles de créer de la beauté ou de susciter et répandre du bonheur n’est pas une sinécure.

 

A bien y regarder le projet est ambitieux.  Peut-être trop même. Je l’ai appris à mes dépens.  Il s’agit, en vérité, de dire une bonne fois pour toutes si l’on parviendra un jour à tailler à l’homme le costume qui lui siérait pour la suite de son voyage au long cours, ni trop contraignant, ni trop lâche, d’un matériaux robuste mais joli et se prêtant à l’élégance. 

 

Il s’agit d’une étude de faisabilité, en quelque sorte. D’une nouvelle étude, une de plus. Car on aimerait pouvoir le rassurer, l’homme, on a de l’affection pour lui, malgré tous ses méfaits, on serait si heureux de lui taper sur l’épaule en disant « t’es pas si bête que ça, y a plus méchant que toi…  t’inquiètes pas, ça va s’arranger ! ». Mais voilà, on n’y parvient pas.

 

Alors on recommence. Les cadrages seront différents, les angles de prises de vues autres. On essaiera de gratter un peu plus. De tout voir ou, en tout cas, de ne pas se cacher les yeux.

 

On se refusera d’appartenir à l’ancienne école, celle qui se disait ou se voulait objective. 

 

Nous aurons donc résolument retourné notre veste. Nous serons partisans et subjectifs. Enfin … nous nous efforcerons de l’être, une fois encore tant il est vrai que nous avons déjà dans nos tribulations, perdu des plumes.

 

La difficulté, avec l’homme c’est de retrouver son vrai visage, celui qui gît aujourd’hui sous des milliers de masques, des vernis innombrables, derrière des myriades de soleils aveuglants ou au plus profond de la nuit la plus noire.

 

Une couche de suie, de graisse, de crasse, de cambouis,  d’hymnes, de cantiques, de prières, de miserere, toutes les formes, tous les conditionnements de la plus phénoménale hypocrisie se sont conjurés pour faire de l’homme contemporain cette chiffe molle juste bonne à engendrer des Auschwitz, des Stalingrad, des Verdun,  des Chemin des Dames, des Pétain, Laval,  Mussolini, Le Pen, Sœur Thérèsa, Golda Meir, Hitler, Israël, Pol Pot, Pinochet, Franco, Duvalier, Salazar, Mobutu, Staline,  Mao… et j’en passe… qui ne sont plus des accidents génétiques mais mathématiquement deviennent la norme génétique sous-tendant l’évolution de notre espèce.

 

Ah, s’il avait pu demeurer vierge, garder quelque chose de l’ignare, l’homme garder l’envie de mordre plutôt que celle de rire quand il n’y a pas lieu de le faire, de continuer à jouer à la guéguerre entre villages ou de faire le coup de poing lors d’un bal populaire ou d’une foire agricole plutôt que dérouler des fronts de milliers de kilomètres ou s’empilent jusque 40000 morts sur une seule matinée.

 

S’il avait pu garder son hymen tout en culbutant davantage de petites bergères sur les talus herbeux, perpétuer  sa brutalité de Lascaux, célébrer  la cruauté du peintre des fresques des Ajjers, n’avoir que celle, bénigne, des simples pour qui elle est une des formes supérieures de l’amour, que la cruauté de la vérité implacable, du réalisme le plus fanatique…. S’il avait pu, comme le bonobono, continuer à régler  ses problèmes de société par la copulation, s’il avait eu le bon goût de ne pas hisser à tout bout de champ au bout de sa hampe phallique des drapeaux rouge, noir, lilas…

 

Ah si ! mais tu rêves andersen !  T’es cuit, t’es foutu, t’es nase !

 

Je sais ! Il s’est trouvé très tôt, dans les rangs de l’homme, des futés, des petits malins – de la caste des prêtres -  pour lui faire croire, pour l’encourager à croire, en dépit de tout bon sens, en l’absence de toute preuve, de tout indice même (c’est ça la foi) qu’il y a en lui quelque chose d’unique, qu’on ne trouve chez aucun autre animal : l’intelligence... et ainsi poussé dans le dos,  par les prêtres félons …  le nabot humain est né dont nous sommes les rejetons.

 

Il y a cru à sa prétendue intelligence. Il s’est cru plus malin que les autres. Et fort de cette prétendue intelligence il a développé ce qu’il appelle son savoir. Il a inventé la logique qui n’est qu’un des modes d’emploi du délire. Et son savoir est devenu délirant. Il l’a promené sur la lune, il le conduira sur Mars pendant que la forêt amazonienne disparaîtra, que la planète en surchauffe crèvera.

 

Je baisse la tête, accablé part tant d’ignominie, mes épaules s’affaissent. Je deviens triste malgré mon optimisme récurent. Mais voici que, ténue, à peine perceptible, une petite musique me parvient. Je le reconnais. Mozart. Et Ludwig.

Et Vivaldi. Et Vincent. Et Antonin, et Julien l’Apostat, et Empédocle qui nous apprenait à penser aussi avec les orteils, Platon… le Requiem ! Elise ! La sonate au clair de lune !

 

A eux seul c’est le grand rachat : ils les rachètent tous. Serait-ce ça la rémissions de tous les péchés !

Je vous invite à visiter ces 80 poèmes. C’est ma galerie des nabots. Ce n’est que ça et rien que ça.

 

 

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Published by C.E.A
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commentaires

Eric Valnerbauch 06/02/2010 15:51


Salut CEA,

Je t'avoue que je n'ai jamais vraiment su ce que cela voulait dire, "poésie objective"; en tout cas, je suis bien incapable d'en donner une définition globale.

Je peux certes, au cas par cas, comprendre des démarches singulières : Rimbaud, qui ne supportant pas les suffisances de la subjectivité romantique, veut dégager les sens par l'entreprise
visionnaire. Mallarmé, qui par la disparition élocutoire du poète et laissant l'initiative au mot devine un mystérieux Livre immanent de l'humanité qu'il méditera toute sa vie. Blanchot, qui réduit
tout au mouvement de l'écriture littéraire elle-même, où ce n'est plus l'individu qui compte, mais la littérature.

Dans ces trois cas, le terme de poésie objective parvient à me parler, et aux vues des oeuvres produites, je ne dénigrerai pas ce "concept".

Néanmoins, je ne crois qu'il suffise de sortir de sous sa robe la petite baguette "poésie objective" pour devenir un de ses trois-là.

Autre bémol, j'ai pu constater chez quelques contemporains qui pratiquent une "poésie objective" des comportements résolument subjectifs, dans tout ce que la subjectivité peut avoir de plus
stupide, qui me donne à penser que oui, il est probablement grand temps que la subjectivité reprennent certains de ces droits, et rentre dans le lard de cette duperie.

Mais cette subjectivité poétique, en aucune mesure comparable avec la poésie subjective des poètereaux qui confondent la poésie avec une narration qui étale la banalité, je crois qu'elle peut
encore cohabiter avec l'héritage de la grande "poésie objective".

Ce que j'essaye d'exprimer, c'est qu'il est effectivement grand temps de soulever les voiles puants des prétentions objectives, qui ont fini par oublier la viande de l'homme dont elles sont
sorties.
Mais je crois que la bonne poésie objective, malgré ces folies, ces duperies, nous a résolument permis d'avancer, et qu'elle le peut encore.

Bon weekend.


Eric Valnerbauch 05/02/2010 09:49


La présence remise entre les mains du présent.. j'aime cette image.. la déchirure poignante de la retenue et de la perte du passé, et de la venue certaine et incertaine de l'avenir, qui empoigne et
qu'empoigne la présence du désert, qui est peut-être bien le désert de la présence, où l'homme, dans l'absence de parole, retrouve cette parole où il se présente au monde en tant qu'homme, plutôt
que de s'approprier le monde par un langage utile où il oublie sa propre parole, où il ne s'entend plus.

Le déplacement de la parole prophétique consisterait peut-être à faire de l'impossibilité du repos l'apaisement, à trouver l'abri dans le désert de l'errance..

Avec un avenir possible et impossible : retrouver le visage de l'homme.

Ce ne sont là que quelques impressions fugitives..


cea 04/02/2010 19:34


cher éric,

je m'accorde quelques instants en ta compagnie qui m'est si agréable

pour en venir au sujet, le nomadisme, bien entendu il ne devient pas prophétique en se projetant dans l'avenir... personne, je crois, ne peut le faire... par contre le nomadisme NOUS RESTITUE TOUT
NOTRE PRESENCE A NOUS MEMES (CONSCIENCE DE SOI)ET EN MEME TEMPS NOUS REMET DANS LES MAINS DU PRESENT sans la possibilité de tricher ni d'esquiver... l'itinérance, le nomadisme dans les déserts est
un des multiples moyens dont l'homme dispose pour affermir la "conscience de soi" qui est le premier pas dans la voie de la "reconnaissance de l'autre". Au fond, l'homme ne reconnait vraiment
l'autre que quand il a ses appaisements, quand il se sent à l'abri.


Eric Valnerbauch 04/02/2010 18:49


La question de la parole prophétique n'est pas
résumable. Si elle l'était, elle ne serait pas.

A titre seulement indicatif, elle serait beaucoup
moins don de l'avenir que retrait du présent,
impossibilité du séjour et du repos, et donc errance
retournant à l'exigence originelle d'un mouvement,
en refusant l'enracinement. Pressentiment de l'existence mobile dans le retour au désert, où la
parole revient à un moment d'arrachement qui est à
l'origine d'un existence juste, où le corps applique à la lettre sa parole. (cf Blanchot)

Je devine quant à moi d'étonnantes correspondances
entre ces éléments et ta mobilité poétique.

Pense ce que tu veux de tout ceci, mais je commence
à me demander si, et peut-être bien à ton insu, tu n'as pas opéré un déplacement de ce type de parole.

Mais je divague _ bonne nuit.


Eric Valnerbauch 04/02/2010 11:13


Voilà un délicieux argument de vente..
Oui, j'ironise.

Tenterais-tu ici de retrouver la parole prophétique
de l'homme? Cette parole du désert où l'homme n'a pas
encore d'espace, mais découvre un dehors?

Et toutes ces plumes perdues, par l'expérience du
désert, vont-elles réouvrir l'espace originel de cette parole sans Dieu ni Absurde?

Tu dis qu'il faut agrandir la maison..


C.E.A 04/02/2010 15:52


la "parole prophétique"  ?  qU43ST6CE ,


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