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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 14:22

La sirène a fermé boutique
La maison des vents s'est écroulée
J'ai froid
Et l'horreur grandit en moi

J'écarquille les yeux
La nuit les ferme
J'aime la nuit

Le soleil
N'entrera plus par la fenêtre
Il n'y a plus de soleil
J'étire en vain
Mes membres sans racines
J'ai froid
Et l'horreur grandit en moi

Il n'y aura plus de pluie
De feu
Ni de sang

J'ouvre la bouche pour crier
Mais je n'ai plus de force.
Plus de cri
Les mouettes sont brisées
J'ai froid
Et l'horreur grandit en moi

(Extrait de Terre Sang Feu).

Published by C.E.A
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 12:57

J’ai vu le gueux manger la terre
quand la graine tombait du ciel
jetée là
par de monstrueux avions
venus d’occident

la graine jetée aux chiens noirs
était blanche et blême l’enfant
piétiné

j’ai entendu sous un soleil atroce
le corps des pauvres claquer
au vent et claquer des dents
au gré des blancs claquer
comme un étendard famélique
percé de trous

j’ai vu trop souvent
ce geste terrible des doigts joints
portés aux lèvres
pour signifier la faim

mais jamais je n’ai vu non
au grand jamais ni entendu
ventre repu claquer au vent
ni rentière brûler ses coupons

sur le front d’occident je n’ai connu
que chansons à boire rires graveleux
et cliquetis de fourchettes s’étrillant

j’ai rencontré l’homme blanc
au pied des caféiers et bananiers
des gisements filons et mines
il pissait son vin à grands flots
en remerciant son dieu
dans des nuages de poussière dorée

j’ en témoigne
et ma chanson aussi
on se la répétait
à la chicotte ou à la crosse
au gourdin et aux poings

je me la répétait
et mon corps hurlait
lorsque les coups pleuvaient
l’homme blanc frappait

murmurée sans fin
ma chanson a voyagé
elle m'accompagne dans ma quête
quand pas à pas
je vais vers les franges lumineuses
de mes espaces lointains

ma petite chanson vous dit que pourtant
il y a sur terre autant de joie que de larmes
des chants des rires de la danse et de l'amour
une certitude d’amour
comme jamais homme n’en pourra imaginer
et qu'il ne faut pas désespérer

c'est vers les confins que la vie déborde

Published by C.E.A - dans Poêmes
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 12:41

Autour du sel où tout converge
Fourmi dans l'infra comme l'ultra
Violet en violence
Pavot si flanqué de bleuets
Je suis l'homme nu imbécile zonard
Des banlieues rouges de geiger
Cillant oscillant
Angstroem sur échelle d'angoisse
Plus obstiné vers le sel
Qu'aiguilles de carthage
Perdues dans le commerce des boussoles
Et comptoirs d'afrique
Le nilotique au fer de lance pointé
Venu d'où cliquetaient les sémaphores
Des aiguillages du froid
Scellé hors notaire comme ciel de plomb
Pour le testament attesté du vide
Où tout enfin s'entend
Qui se fond brasse et remoule
Sans plainte plan ni demande
Barbare à barbe de lichen et sanie de jours
Dans la saumure des mains
Sans râge âge ni plaisir en cécité des murs
Dément sourd en la ville
Torve jusqu'à l'os des premiers trépans
Et la douleur des opérés
Like a wire in my skin oder nichts
Aber immer arriba ja

Published by C.E.A - dans Poêmes
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 12:31
Ca commence à la nuit tombante, sans
tapage inutile. A quoi bon? Il sera encore
bien temps. Furtivement un premier
corps s’est écrasé. Un second a suivi.
J’avais donc bien vu. Aussi bien entendu.
Ils se sont remis au travail, là haut. En fin
de matinée la cadence s’était
sensiblement accélérée et d’autres corps
ont suivi. J’ai remarqué qu’ils étaient de
plus en plus dégradés et je me suis
inquiété. Une sale inquiétude jointe à de
la culpabilité. C’étaient ces corps qui
m’interpellaient, au passage, dans leur
chute, ils tournaient la tête vers moi
comme pour demander si c’était bien
normal tout ça. Je ne savais trop que faire
et, bien que préoccupé, j’ai fini par
m’endormir. Un mauvais sommeil, mais
les plus somptueuses défenestrations
finissent par lasser et le sommeil vient
dans le fracas des bris de verre. On est en
pleine narcose. On tente bien parfois de
taillader les câbles de l’atroce machine
mais ils se mettent à saigner, à grands
flots. Tout saigne. Alors, pour éviter de
salir, on arrête.
Tiens, encore un qui passe
….
Il est tout bleu comme une orange.


CEA

Published by Loran - dans Prose D'hivers
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 12:07

Un puits
Ma pensée au fond
Et c'est beaucoup dire
Un trépan dedans
Et c'est peu
Dire

Au bord du puits
Aux lèvres de
L'ulcère
En poussière d'os
En copeaux de chairs
En escarres de peau
En
Rupture
De
Nerfs

Moi

Et du fond du puits
à en noyer la raison
Ce regard naufragé
Sur l'inaccessible
Qui
Me vrille
Et toujours
Ce raclement
A fleur d'os
A fleur de peau
Et toujours
Cette poigne
Qui tourne
Et vrille
Et tourne
Et vrille

Et toi
Dans moi
Pour bercer tout cela

Published by C.E.A - dans Poêmes
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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 14:45

En attendant de le retrouver bientôt sur DANGER POÉSIE, le site du poète André CHENET, voici une suite du  poème (remanié mille fois) de Christian E Andersen  intitulé "Foutu tango" :

Sans crier gare
le faible
a bousculé le fort

le puissant vacille

ainsi s'amorce
la syncope

Telle est elle
tel le tango

pareil à la vie
chavirée à la fracture
du coude

les cris
sont de douleur
ils glacent
la hache s'est abattue
brutale

sauve qui peut

certitudes convictions
hachées menu
place à l'angoisse
place au tango

viennent les étourneaux

toujours pareil
ils giclent d'entre deux nuées
infligeant au ciel béat
l'outrage biscornu
de leurs géométries aériennes

ils plaquent aux nuages
leurs rébus
leurs mythes
vingt mille lieux dans les airs

bousculent
glissent sur l'aile
et s'écrasent dans les blés

ils lèguent à la terre endolorie
un grand trou rouge
plein d'ailes brisées de plumes
de souffrance

telle est la vie
et ses fientes
infirmant ou confirmant
reitérant récidivant
pour ô paradoxe
décoller par temps de brouillard
et s'écraser mieux
par temps clair

sacré tango
foutu tango

.../...

Christian Erwin Andersen (Inédit)

Published by C.E.A - dans Poêmes
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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 10:44

 

Message d’amitié à un lecteur qui a laissé sur « les POETIQUES II »   un commentaire que j’ai particulièrement apprécié.

 Ce commentaire de mon poème « IMAGINE » relatif à l’assassinat de Frederico Garcia était le suivant : « d’une beauté tragique remarquable ». Signé : L …

 

Bonjour L …

 

Vous me dites avoir apprécié ce poème qui évoque la mort de Lorca et vous le faites avec une juste sobriété qui m’atteint parce qu’elle démontre en effet que vous avez compris mon texte, non pas avec les outils dérisoires de l’intellect justes  bons,  comme les silex que l’on heurte,  à produire de froides flammèches surréalistes et bretonantes

 

MAIS  QUE

 

en suivant le fil du poème

en étant grand ouvert

comme  peut  l’être

une femme amoureuse

au prodige du verbe

avec  Frederico

et  comme Frederico

terrorisé

comme le cabri noir

fou de peur

vous avez tenté de fuir par la ravine

avant de prendre en pleine gueule

non pas le dernier

mais

l’avant dernier coup de feu

celui  qui précéda

 

l’ultime

tiré alors que vous agonisiez déjà

DANS VOTRE TROU DE

(en rouge et en toutes lettres)

Cul

par un bourreau qui décréta 

(il s’en vantait encore, impuni,

40 ans plus tard, en Espagne

 « démocratique ») 

 « il ne peut y avoir plus belle mort pour un pédé »

 

Comme Garcia

Et avec lui

Vous avez vécu la descente aux enfers

Le calvaire

Le chemin de croix sans croix

Sans la sinistre   CROIX

AVEC QUOI A ETE DEFINITIVEMENT CLOUEE ET MISE EN CROIX

NOTRE MAL NOMMEE ET HYPOCRITE HUMANITE

qui cependant

(car on pourrait très bien la renommer,

lui trouver un nom adéquat en attendant un mieux)

a connu des crapules géniales

comme

Jean Genet

qui de  sa cellule écrivit pour son jeune amant

que l’on guillotina à l’aube

ce qui restera comme un des plus beaux

poème d’amour, toute langues et cultures confondues

et de sombres crapules

comme Moïse « de la bible)

fondateur

du monothéisme

une fausse religion,

une contre religion, en fait,

qui ne relie

RIEN A RIEN
MAIS A ENGENDRE
LE PIRE DES FLEAUX
LE CHRISTIANISME
QUE MES ANCETRES
VIKINGS AUTHENTIQUES

DE ERSLEV
sur l'île de MORS
dans le Nord du Jutland
en hommes conséquents

qui s’allaitaient aux racines

du frêne Ygdrasil

plantées profond dans le ciel

ONT COMBATTU

JUSQU'A AUJOURD’HUI

Et que moi andersen

Je combattrai

Sur le Rhin

Sur l’Escaut
Sur la Tamise, la Dendre, l’Elbe et le Don

Au-delà même du Vinland

Jusque sur les flancs du

POPOCATEPETL

Chez QUETZALCOATL

MON COUSIN

Merci de m’avoir fourni, par votre commentaire, prétexte à digression mais aussi à nécessaire et salutaire délire qui, vous le savez, est l’apothéose de certaine logique.

 

Cordialement

cea

Published by C.E.A - dans Coin de table
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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:07

C'est arrivé doucement
une approche
un froissement de tissus
dans la bande son
un point de colle
sur l'image
et puis le sentiment confus
que ça cloche
un contre-chant
un contretemps.
J'avais trois ans peut être,
la pellicule qui s'effiloche
le film qui saute
et moi qui me dédouble

dans la déchirure
et tombe.

L'escalier sombre
la poussière grise
sur les marches noires
les marches noires
la poussière grise
la toile d'araignée
comme une voile
dans l'escalier
qui attend le vent
comme j'attends...

C'est arrivé doucement
un froissement de tissus
un frémissement d'idée
une ombre dans le miroir
que j'ai suivie
et le film a repris

Du fond de mon miroir
je regarde l'écran
et j'y fais bonne figure
je leur donne l'illusion

je fais semblant

de suivre la mesure

 

Loran(11/01/12)

(Lézardes et murmures)

Published by C.E.A - dans invités
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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:16

defenestration-des-anges.jpg

     Cette fois ça y est !!  Rendez vous sur le site des voleurs de feu pour le commander en cliquant sur la photo...

Published by C.E.A
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:16

De l’ancêtre
nous avons gardé
un front bas
et l’ intelligence
fondue au paysage


insensibles aux sarcasmes
nous habitons toi et moi
des formes différentes
tu vis drapée dans le suroît
moi sapé en guerrier


tous deux nous hantons
les hauts plateaux
où la charogne
fait prospérer le vautour


étoiles et comètes
se gaussent de nous


soudain terrible secousse
la terre se met à tourner
avec telles force
et conviction
que pas un seul corps
flottant ou divagant
ne lui échappe


ainsi captés
ils ne font
bientôt plus qu’un
il règne indivisible

 

adieu formes geôlières
très vite ne sommes plus
que passage
mouvement


à elle seule notre présence
peuple le futur tout entier


aujourd’hui
dans la confusion infinie
des personnages
temps lieux modes


il nous importe peu de savoir
si pour aimer nous regarderons
devant ou derrière


ce matin
nous nous sommes retrouvés
au coin de la mémoire
sur un banc de bois
il fait bon
y prendre le soleil


nous le goutons
avec gourmandise
ce n’est pas
un quelconque Phébus
il est le nôtre
il est notre constance

 

CEA

Published by C.E.A - dans Poêmes
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